Interview Dircoms9 Minutes22 avril 2024

Marina Kulmicht, Dircom d’Engie Solutions

Parlez-nous de vous !

Bien sûr ! J’ai intégré le Groupe ENGIE en 2012 en alternance. J’évolue, depuis 11 ans, entre le terrain et le siège. J’ai commencé par faire de la communication locale et opérationnelle sur les contrats d’activités d’efficacité énergétique, puis sur les réseaux de chaleur et de froid. Une expérience de 7 ans immergée dans les défis énergétiques des villes et des collectivités.

En 2019, j’ai pris le poste de Responsable communication au siège pour conduire la transformation de la communication d’ENGIE Energie Services en France, sous la nouvelle marque ENGIE Solutions. Cette expérience, hors du commun, a mobilisé les 50 000 collaborateurs du groupe !

Je supervise, aujourd’hui, une équipe de 15 personnes, couvrant un périmètre de 5 000 collaborateurs (France, Outre-mer & Monaco).

Ce qui me caractérise : j’aime la force du collectif, les projets qui font sens et le défi citoyen. Comme dans ma vie personnelle, j’assume mes engagements jusqu’au bout.

Quel événement, anecdote ou rencontre a le plus marqué votre parcours professionnel ?

Après mon alternance, j’ai eu l’occasion de rencontrer une directrice d’agence dans le but d’élargir mon réseau. Nous avons tout de suite accroché. À la fin de notre rencontre, elle m’a proposé de rejoindre son équipe en tant que Responsable communication ! Je n’avais pas réalisé que c’était un entretien d’embauche. J’ai accepté sa proposition ! Participer à mon tout premier comité de direction a été impressionnant. À seulement 23 ans, dans un environnement majoritairement masculin, j’ai dû dépasser les étiquettes de « jeune » et « femme ».

Quels sont les enjeux et défis business de votre secteur et comment la communication y répond ?

Chez ENGIE, notre raison d’être est d’accompagner nos clients vers la neutralité carbone d’ici 2045 avec 4 grandes activités : les renouvelables, les energy solutions, le stockage & flexibilité des énergies et les infrastructures. 

Au sein d’ENGIE Solutions France, notre défi en communication est d’aller au-delà de notre cible B2B et d’assurer une pédagogie efficace sur nos métiers en interpellant les citoyens. Nous avons, récemment, lancé une concertation citoyenne sur les réseaux de chaleur urbain auprès de 75 000 personnes et recueilli plus de 400 commentaires. Nous avons, également, créé un « Live Chaud », une émission digitale sur les réseaux de chaleur visant à valoriser nos métiers et à expliquer nos actions aux parties prenantes pour les engager dans notre mission de décarbonation. 

Nous avons un autre défi : recruter les femmes et les hommes pour relever le défi de la neutralité carbone. Cet enjeu de marque employeur est primordial notamment dans la filière technique où + de 400 postes sont ouverts. Pour cela, nous devons être au plus près du terrain et principalement dans les écoles et les lycées pour parler de nos métiers et sensibiliser les jeunes. Par exemple, l’événement « Les Décarboné.es » à Garges les Gonesse a rassemblé plus de 800 personnes, des lycéens aux personnes en reconversion.

La communication est de plus en plus rapide, tant à créer qu’à consommer. Nous avons, ainsi, un double-défi à relever au quotidien : communiquer vite et bien ! 

Parlons rôles et responsabilités de la communication. Vous reconnaissez-vous dans le terme de Business Partner ? Qu’est-ce que ça évoque ou signifie pour vous ?

La communication est un allié incontournable du business ! Elle doit être intégrée dès le début dans les réflexions stratégiques de l’entreprise, plutôt que d’être reléguée en bout de chaîne. 

Bien que notre impact financier ne soit pas toujours directement visible, nous jouons un rôle crucial en tant que « cash invisible » de l’entreprise. En tant que Business Partner, on embarque nos collaborateurs, on donne une visibilité à l’externe, on se fait connaître de nos parties prenantes et on communique avec elles. 

Nous sommes, donc, un réel Business Partner avec une position transverse pour créer l’engagement, l’action et la cohésion. 

Considérez-vous l’IA comme un accélérateur ou un détracteur ? Comment l’utilisez-vous au quotidien ?

Je suis convaincue que l’IA est désormais un outil clé de la communication. Comme toutes nouveautés, il faut prendre du recul en observant les codes et les usages. Cela ouvrira de nouvelles perspectives professionnelles, tout comme les réseaux sociaux ont donné naissance au métier de Community Manager. On sait que l’IA n’est pas infaillible. Il faudra, donc, des personnes pour gérer les données créées par l’IA et les vérifier. 

Chez ENGIE, on utilise Copilot, une solution Microsoft qui nous aide à trouver des idées, à créer tant des visuels que des textes.

Comment voyez-vous évoluer le rôle de Dircom dans 5 ans ? Et vous, comment vous projetez-vous ?

Je pense qu’en tant que Dircom, le management sera plus transversal. On travaillera davantage en filière. La communication sera toujours aussi rapide et digitalisée. Avec la génération Z, les canaux de communication seront très orientés réseaux sociaux avec certainement une déperdition de notoriété pour la presse. L’enjeu en entreprise sera donc de jouer les bonnes cartes en misant davantage sur les hommes et les femmes. On sera, aussi, davantage dans une logique d’économie circulaire en mesurant plus précisément l’impact environnemental de nos actions de communication.

En ce qui me concerne, je vais bientôt intégrer un nouveau poste en tant que Responsable de la marque employeur au sein des activités renouvelables du Groupe ENGIE. J’ai à cœur d’apporter plus d’humain dans mon métier et d’apporter plus de cohésion dans l’entreprise.

J’aimerais, également, expérimenter dans quelques années une aventure à l’international et voir l’impact de la communication dans un autre pays. À choisir, j’aimerais vivre cette expérience en Espagne ou dans la zone des Emirats Arabes Unis.

Dans 5 ans, je pense que la communication sera beaucoup plus humaine et moins corporate. Il y a un besoin de plus en plus fort de concret et de parler vrai.

Que donneriez-vous comme conseils à un ou une futur(e) dircom pour prendre sa place de Business Partner ?

Rester authentique. Faire preuve de résilience, car les succès ne sont pas toujours immédiats et demandent de la patience. Faire preuve de curiosité vis-à-vis de ses parties prenantes et être à l’affût des nouveautés. 

Je conseille aussi d’avoir des sponsors et mentors sur qui compter en cas de coup dur. Pour nous guider et nous accompagner dans notre parcours. Évidemment, il est également primordial d’avoir un bon équilibre pro et perso. En bref : foncez et restez vous-même !

Minute « inspiration » : qui recommanderiez-vous de suivre sur LinkedIn ?

Je recommande de suivre @J’ai un pote dans la com pour s’inspirer des nouveautés et de leurs suggestions créatives et disruptives ? Et @L’optimisme.pro pour rester positifs !